Yannick Haenel a reçu le prix Femina 2026, mercredi 4 novembre, pour La Solitude des professeurs est infinie. À travers ce récit en partie autobiographique, l’écrivain revient sur ses années d’enseignement du français dans un lycée de banlieue parisienne et sur le choc provoqué par l’assassinat de Samuel Paty en 2020.
Le livre paraît alors que la protestation des lycéens se poursuit en France. Le lauréat a dédié son ouvrage « aux professeurs, aux lycéens et aux collégiens ». Le roman s’intéresse à la fragilité du système éducatif, à la précarité matérielle et morale des enseignants, ainsi qu’à la difficulté de transmettre des savoirs et des valeurs au sein d’une institution affaiblie.
« La Solitude des professeurs est infinie. »
Un jeune professeur face à la solitude
Le personnage principal, Jean Deichel, est un poète dans l’âme qui commence une année de stage à Mantes-la-Jolie. Faute de ressources, ce professeur de français âgé de 22 ans est hébergé dans un club de tennis. Son quotidien se construit entre ce lieu, où le joueur affronte seul ses erreurs, et la classe, où il doit trouver sa place face à des élèves parfois éloignés des savoirs.
Le récit suit ses premiers cours, son apprentissage de l’autorité et ses difficultés financières. Il raconte également l’usure provoquée par les élèves et les trois heures quotidiennes de RER. À travers cette trajectoire, Yannick Haenel fait de l’expérience enseignante une matière littéraire : un cours réussi, un poème mémorisé ou une phrase qui provoque une réaction chez un élève deviennent autant de moments décisifs.
Un prix créé en réaction au Goncourt
Le prix Femina a été fondé en 1904 par un jury exclusivement féminin, en réaction au prix Goncourt, considéré comme misogyne à l’époque. La récompense intervient au lendemain de la décision du Goncourt, que Yannick Haenel n’a pas obtenu. Elle distingue aujourd’hui un roman consacré à celles et ceux qui enseignent, dans un contexte où leur place et leurs conditions de travail occupent une place centrale dans le débat public.
- Lauréat : Yannick Haenel
- Œuvre récompensée : La Solitude des professeurs est infinie
- Prix : Femina 2026, attribué le 4 novembre
Le roman est présenté comme un hommage aux enseignants autant que comme une réflexion sur la transmission. Son narrateur, confronté à l’isolement et au manque de moyens, éprouve la distance entre la vocation pédagogique et la réalité d’une profession qui se sent abandonnée et méprisée par la société.