Avec « L’Affaire Marie-Claire », Lauriane Escaffre et Yvo Muller reviennent sur l’un des épisodes judiciaires les plus marquants de la lutte pour le droit à l’avortement en France : le procès de Bobigny. Le film se déroule en 1971, autour de Marie-Claire, une adolescente de 16 ans poursuivie avec sa mère et trois autres femmes après une intervention pratiquée à domicile.
Une affaire au cœur de la France des années 1970
Le récit commence lorsque Marie-Claire est violée par Daniel, un jeune homme qui l’avait invitée à écouter des disques. Quelques semaines plus tard, sa mère contacte une faiseuse d’anges, car l’adolescente refuse de poursuivre sa grossesse. L’intervention se passe mal et conduit Marie-Claire à l’hôpital. Après une dénonciation, la jeune fille, sa mère et les trois autres femmes sont traduites devant la justice pour avoir pratiqué un avortement.
Le film introduit alors Gisèle Halimi, l’avocate qui fera de cette procédure un moment déterminant dans l’histoire du droit à l’IVG. La défense de Marie-Claire devient le point de rencontre entre deux conceptions de la société : celle qui reconnaît aux femmes le droit de décider de leur corps et de leur vie, et celle d’un ordre ancien qui entend encore imposer ses choix.
Une reconstitution sans manichéisme
Dans sa critique, Paris Match, qui attribue au film la note de 4/5, estime que Lauriane Escaffre et Yvo Muller évitent l’affrontement schématique entre figures héroïques et adversaires désignés. Le magazine décrit un long-métrage « finement pédagogique », porté par des échanges qui donnent à voir les tensions politiques et sociales de la France pompidolienne.
- Réalisation : Lauriane Escaffre et Yvo Muller
- Charlotte Gainsbourg : Gisèle Halimi
- Cécile de France et Saül Benchetrit : Michèle et Marie-Claire Chevalier
- Cadre historique : la France de 1971 et le procès de Bobigny
La critique souligne la détermination de Charlotte Gainsbourg dans le rôle de Gisèle Halimi, tout en considérant que l’actrice ne restitue pas entièrement l’autorité naturelle et la puissance oratoire de l’avocate. Paris Match distingue en revanche Cécile de France et Saül Benchetrit, dont la justesse et l’intensité s’imposent dans les rôles de Michèle et de Marie-Claire Chevalier.
En replaçant cette affaire dans son contexte judiciaire et politique, « L’Affaire Marie-Claire » fait du procès de Bobigny le centre d’un récit consacré à la confrontation entre la parole des femmes et une institution qui prétendait décider à leur place.