Le premier Festival mondial des Arts nègres, organisé à Dakar en 1966, est au centre d’un épisode de l’émission La marche du monde, diffusée par RFI. L’événement, accueilli par le jeune État sénégalais indépendant, avait été porté par le président Léopold Sédar Senghor dans le cadre d’une politique culturelle présentée comme sans précédent.
Un festival pensé comme un projet d’émancipation
Le programme revient sur la genèse de cette manifestation et sur les débats intellectuels qui l’ont précédée. Le festival s’inscrivait dans l’histoire de la négritude, notion développée dès les années 1930 par Léopold Sédar Senghor avec Jan et Paulette Nardal, Léon-Gontran Damas et Aimé Césaire.
La réflexion s’appuie également sur le rôle d’Alioune Diop, fondateur de la revue Présence africaine. Lors du Congrès de Rome, en 1959, il avait associé la création artistique à une mission politique et éducative :
« L’artiste est invité à mener un combat de libération et d’éducation. »
À travers cette perspective, le Festival mondial des Arts nègres entendait célébrer une culture commune dégagée du colonialisme, de l’exploitation des peuples et du racisme. L’émission replace cette ambition dans une histoire longue, celle des intellectuels et artistes de la diaspora qui souhaitaient faire reconnaître des expressions culturelles autonomes.
Des regards croisés sur Dakar et son héritage
Plusieurs invités analysent la portée de l’événement et les traces qu’il a laissées dans la vie culturelle sénégalaise :
- Ibrahima Wane, professeur de littérature africaine à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar et président du conseil d’administration du Musée des civilisations noires ;
- Annie Jouga, architecte et cofondatrice du Collège universitaire d’Architecture de Dakar ;
- Jennifer Houdrouge, fondatrice de la galerie d’art Selebe Yoon ;
- Alioune Diouf, artiste formé au sein du laboratoire Agit’Art.
| Événement | Année | Lieu |
|---|---|---|
| Premier Festival mondial des Arts nègres | 1966 | Dakar |
Le film de Paulin Soumanou Vieyra, consacré à la manifestation, sert de point de départ au récit radiophonique. Il présente le festival comme un rendez-vous exceptionnel sur la côte ouest-africaine et permet de revenir sur les liens entre cinéma, arts, patrimoine et construction d’une politique culturelle après l’indépendance du Sénégal.