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Le Festival de cinéma européen des Arcs consacre la cinéaste Iram Haq et poursuit son travail en faveur des « Femmes de cinéma »

Un prix « Femme de cinéma » consacrant le travail de la réalisatrice norvégienne Iram Haq, une compétition parfaitement paritaire et un observatoire sur la place des femmes cinéastes dans l’industrie européenne… Le Festival des Arcs poursuit son travail précurseur en matière de parité dans le milieu.
Texte & photos: Pamela Pianezza

 

Elle s’est coupée les cheveux il y a quelques mois, avant le début du tournage de son troisième long métrage, en Inde. « Presque tous les chefs de postes et les techniciens étaient de hommes. J’ai senti que je risquais d’être vue comme une femme avant d’être vue comme une cinéaste. Alors j’ai changé de coiffure, j’ai adopté une garde-robe plus masculine et je me suis même mise à porter une casquette. C’est un peu triste d’en arriver là. D’un autre côté, même si cela peut paraître contradictoire, ces quelques changements dans mon apparence m’ont permis de me sentir forte et, finalement, d’imposer ma féminité. Car même sous une casquette, je reste une femme et j’en suis fière. »

 

Iram Haq, c’est un sourire un peu timide qui cache une détermination sans faille, au cinéma comme dans la vie. Une force qu’elle partage d’ailleurs avec sa productrice, la brillante et solaire Maria Ekerhovd.

 

En deux films – I AM YOURS (2013) et LA MAUVAISE REPUTATION (en salles le 13 juin 2018) – très librement inspirés de son quotidien de jeune femme en quête d’indépendance dans une famille pakistanaise traditionnelle puis de sa vie de toute jeune mère célibataire rêvant d’une âme sœur, elle s’est imposée comme l’une des cinéastes les plus prometteuses de Norvège et d’Europe.

 

Cette semaine, elle a reçu au Festival de cinéma européen des Arcs le prix Femme de cinéma Sisley/Les Arcs, visant à « sensibiliser les médias, les professionnels et le grand public aux discriminations dont les femmes peuvent encore faire l’objet dans l’univers du cinéma », prenant la relève de trois autres personnalités très fortes du cinéma européen : Jasmila Zbanic, Lucie Borleteau et Malgorzata Szumowska.

 

Ce travail de reconnaissance de la place des femmes dans l’industrie du cinéma s’inscrit dans le cadre d’une initiative plus large de l’association Révélations Culturelles, organisatrice du Festival (dont la compétition est, pour la deuxième année consécutive, parfaitement paritaire), à l’initiative de la création du Lab « Femmes de cinéma », coordonné par Fabienne Silvestre-Bertoncini en partenariat avec le Deuxième regard, et dont l’ambition est d’« encourager les pratiques en faveur d’une meilleure représentation des femmes dans le monde du cinéma et observer les tendances sur ce sujet ».

 

 conférence de presse du Lab "Femmes de cinéma" au festival des Arcs

 

Le Lab « Femmes de cinéma » vient de révéler les dernières statistiques de son étude sur l’émergence d’une nouvelle génération de réalisatrices en Europe.

 

En voici les chiffres principaux :

 

En 2016 les réalisatrices représentaient 20,4 % des cinéastes européens, soit 1% de plus qu’en 2015. Cinq pays font (un peu) mieux que la moyenne européenne sur la période 2012-2016 :  

        • la Suède (30% de réalisatrices)

 

  • la Norvège (29%)

 

 

  • les Pays-Bas (27,8%)

 

 

  • l’Autriche

 

 

  • l’Allemagne

 

 

       La France arrive en 8e position avec 23,8% de réalisatrices. Des chiffres en net recul sur les années 2015 et 2016, par rapport aux 25% de la période 2012-2014.  

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