17 - Don Lockwood (Dan Burton) - (c)Théâtre du Châtelet - Marie-Noëlle Robert

Au Grand Palais : UN SINGIN’ IN THE RAIN AU BEAU FIXE

Cet hiver, pour cause de travaux, le Théâtre du Châtelet se joue hors les murs. Et c’est sous la verrière du Grand Palais que se produit un incroyable Singin’ in the Rain, plus vrai que nature.
Par Candice Moors
© Théâtre du Châtelet - Marie-Noëlle Robert

Singin’ in the rain, c’est LE monument. Ce film enchanté de 1952, réalisé en technicolor avec Gene Kelly et Stanley Donen, ses hits (Moses, Make ’em laugh, etc.) et ses parapluies… Si l’idée de le faire sortir des écrans pour rejoindre la scène n’est pas nouvelle, le Théâtre du Châtelet réussit la transposition haut la main. Oubliées les couleurs so fifties, les costumes et les décors sont ici subtilement conçus dans des nuances de gris, noir et blanc. C’est raffiné, c’est chic, et pas ringard. Même quand les danseuses lèvent haut la jambe, même quand une bunny (Kathy Selden, ici interprété par la talentueuse Monique Young) sort du gâteau. C’est du rêve à l’état pur, avec ce qu’il faut d’humour, de rythme, et une savante utilisation de vidéos faussement rétro.

Le fil rouge de Singin’, c’est le difficile passage du cinéma muet au cinéma parlant, avec le risque pour le public de l’époque (on est en 1927) de découvrir la voix d’acteurs pas toujours au niveau du physique. Ramage et plumage, on connait la chanson. Le succès brutal du premier film parlant, Le Chanteur de Jazz, incite le directeur du studio à transformer en vitesse, avant sa distribution, son dernier film tourné sans le son. Las, la blondeur peroxydée de Lina Lamont s’accompagne d’une voix de crécelle (chapeau à Emma Kate Nelson, qui heureusement ne s’exprime pas comme ça dans la vraie vie) et Don Lockwood est tombé amoureux d’une autre que sa partenaire, suscitant la jalousie de la première… Bref, la solution c’est de faire doubler par la voix de la nouvelle (Kathy Selden) les images de la première. La plus malheureuse des deux, c’est l’aspirante actrice qui voit sa carrière réduite à un avenir de doublure, tenue par un contrat qu’elle n’aura pas bien lu…

 

07 - Kathy Selden (Monique Young) (c)Théâtre du Châtelet - Marie-Noëlle Robert

 

Et puis, on va arrêter de raconter. On ne vous racontera pas la pluie, pas plus que la brillante partition servie par l’Orchestre Pasdeloup (dirigé par le britannique Gareth Valentine). Un musical réussi, c’est une alchimie qui se mesure au sourire qui flotte sur les visages quand le rideau tombe. Un seul remède, si vous souhaitez vous faire une idée sur la qualité cette version : rejoindre dans le studio Lena, Kathy, Lockwood et son bondissant ami Cosmo.

Singin’ in the rain (2h40 avec entracte), jusqu’au 11 janvier 2018 au Grand Palais. En anglais, sur-titré français. Deux heures avant la représentation, une demi-douzaine d’activités est proposée aux spectateurs : initiation aux claquettes, studio photo et maquillage par des pro (gratuits), animation karaoké « spéciale comédies musicales »…

 

 

 

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