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Helena Hauss, artiste à la pointe

L’artiste française Helena Hauss dessine l’adolescence au féminin avec une puissance et un réalisme fascinants. Trois de ses œuvres sont exposées à Paris à la Galerie Métropolis avant de rejoindre le salon Drawing. Trois de ses œuvres sont exposées à Paris à la Galerie Métropolis avant de rejoindre le salon Drawing.
Par Candice Moors
Photos: © Helena Hauss / Galerie Métropolis
Dans quel autre lieu qu’une galerie d’art peut-on disserter avec bonheur d’une citation du philosophe Jankelevitch (qui a donné son titre à l’exposition)*, d’un motif de moucharabieh andalou, de Virginia Woolf et la Game Boy ? En poussant la porte de la galerie Métropolis, j’étais surtout poussée par la curiosité d’admirer en grand les œuvres de Helena Hauss, artiste parisienne de 29 ans qui explore toutes les potentialités du stylo bic sur des thématique adolescentes hyper réalistes.Ça paraît fou écrit comme ça, mais alors que tout – et tout le monde – peut être retouché à l’infini, cette artiste a décidé de ne s’autoriser aucune erreur. Rappelez-vous vos années lycée et le véritable stylo bic qui ne se gomme pas ! Trois grands formats de l’artiste, spécialement réalisés pour la galerie, dont cette Mia allongée, au pays des sucreries.

 

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Cette fille a les hanches marquées et des courbes, les cheveux longs, mais porte une culotte à la coupe masculine. Une adolescente dont les marques rouges sur les doigts, typiques des filles qui se font vomir, ne laissent aucun doute sur sa soumission à la dictature de l’apparence.
Dans la seconde salle, deux collégiennes anglaises, réalisée en monochrome bleu (classique du bic), ne font pas semblant de se battre. Et sur le mur d’en face, deux autres transgressent les règles de la bibliothèque en se grillant une cigarette.

 

« J’avais envie de vérifier s’il existe une manière particulière aujourd’hui de s’exprimer en tant que femme-artiste. »
Marie Guilhot-Voyant, galeriste
« Ce n’est plus seulement une image mais l’écriture d’un journal adolescent à force de traits et de fines hachures » suggère Marie Guilhot-Voyant, commissaire de l’exposition Girls*. Cette passionnée est une guide hors pair pour voyager entre les créations de tous horizons qui ornent ses murs. Le point commun : ce sont toutes des « œuvres de femmes ». « Parce qu’on n’aurait pas l’idée de regrouper des œuvres de garçons et de l’intituler Boys, plaisante Marie Guilhot-Voyant, mais surtout parce que j’avais envie de vérifier s’il existe une manière particulière aujourd’hui de s’exprimer en tant que femme-artiste« .
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Verdict: « Les femmes sont des artistes comme les autres, elles n’en sont plus du tout à revendiquer une chambre à soi et c’est tant mieux. »

 

On est, volontairement, bien loin de l’inspiration du corps souffrant, du corps opprimé trop souvent associé au sexe dit « faible » : les planches BD de Florence Cestac, les combinaisons vidéos d’Ori Levin qui associent jusqu’au vertige deux femmes d’âges différents, la console Nintendo féminisée, etc.
Alors, verdict de la commissaire ? « Les femmes sont des artistes comme les autres, elles n’en sont plus du tout à revendiquer une chambre à soi et c’est tant mieux (NDLR. c’est là qu’on croise Virginia Woolf…). Le combat semble s’être déplacé pour qu’on les reconnaisse en tant que personne, des personnes qui peuvent évoluer et à vieillir, comme les hommes y sont autorisés depuis toujours« .

 

Une quinzaine d’explorations d’artistes s’offrent ici à votre verdict. Et pour admirer la suite du travail d’Helena Hauss, rendez-vous au Salon du dessin contemporain Drawing.
*Les Girls de l’exposition sont ici « en équilibre sur la pointe fine de l’instant »
Exposition « Girls en équilibre sur la pointe fine de l’instant » à la Galerie Métropolis (Paris 3e), jusqu’au 29 mars. Entrée gratuite.
Salon du dessin contemporain Drawing Now, du 29 mars au 3 avril (Paris 10e).
Site de l’artiste Helena Hauss
Site de la galerie Métropolis
Site du salon Drawing

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