sangaile

« Summer »: L’amour qui donne des ailes

Second long métrage de la brillante Alanté Kavaïté, cinéaste originaire de Vilnius et Parisienne d’adoption, « Summer » observe avec grâce l’émancipation d’une jeune fille qui deviendra femme et s’envolera, littéralement, vers une liberté chèrement acquise. Un récit d’une sensualité vertigineuse.
Par Pamela Pianezza

SummerSensible et sensuel, SUMMER tisse avec une grâce inouïe le portrait de Sangaile (sublime Julija Steponaityte), jeune fille tourmentée par une série de questionnements : classique quand on a 17 ans. Dans le regard puis dans les bras d’Auste (Aistė Diržiūtė), Sangaile commence par trouver quelques réponses. Auste la trouve si belle, si désirable, qu’elle lui coud sur mesure des robes de contes de fée pastoraux. Des parures dans lesquelles on ne peut que courir à travers champs, cheveux au vent – ce qui donnera lieu à une scène d’amour particulièrement orgasmique, érotiquement portée par la BO de Jean-Benoît Dunckel (l’une des moitiés de Air). Or ce n’est pas en princesse que Sangaile se rêve, c’est en pilote d’avion… elle qui souffre depuis l’enfance d’un terrible vertige.

Lancée sur le ton de la romance homosexuelle – ce qui en fait tout de même le premier film lituanien LGBT destiné au grand public – SUMMER prend adroitement le tournant du récit iniatique aérien. Un récit d’empowerment très élégant, qui correspond bien à la personnalité de sa réalisatrice Alanté Kavaïté.

 

alante-kavaite-by-pamela-pianezza
Alanté Kavaïté à Karlovy Vary © Pamela Pianezza

Originaire de Vilnius mais Parisienne d’adoption, diplômée des Beaux Arts, Kavaïté est une cinéaste peu farouche pour qui l’expérimentation est l’un des moteurs du processus cinématographique. On le savait depuis son premier long, ECOUTE LE TEMPS, troublant thriller qui lançait une ingénieure du son (Emilie Dequenne) sur les traces du meurtrier de sa mère. On le sent aujourd’hui encore avec SUMMER dans son approche très organique, où l’image, la musique, les voix, semblent littéralement faire corps.

Après une première mondiale à Sundance et une sélection au festival de Berlin, Alanté Kavaïté était il y a quelques jours au festival de Karlovy Vary (photo). Elle y présentait son film dans la prestigieuse section « Variety’s directors to watch » (les réalisateurs à suivre selon le magazine Variety). Section dans laquelle son premier long avait déjà été sélectionné. Et pour cause, plus qu’une cinéaste, Alanté Kavaïté est une artiste à suivre à la trace.

 

Comments are closed.