(c) Julien Weber

Rencontre avec le Cabaret New Burlesque au Cirque d’hiver: Féminité(s) on the rock(s)

Les affriolantes américaines popularisées par le film Tournée de Mathieu Amalric débarquent à Paris, avec pompons « caches tétons », pour seulement trois dates*. Invitées du Festival d’Ile de France, elles rhabillent l’identité féminine à travers un show inédit associé à l’électro-rock des Poni Hoax. Le voyage vous tente? Tess Mag vous offre 2×2 places pour la représentation de dimanche.
Par Candice Moors
Photo: © Julien Weber

La troupe compte un homme dans ses rangs, mais ici le féminin l’emporte. Et ce n’est pas Ricky Roulette, « le cow-boy/chevalier » avec abdos en béton qui nous contredira.

Effet boomerang, c’est à une française, Kitty Hartl, que l’on doit d’avoir rapporté dans l’hexagone ce mouvement d’effeuillage revisité par les Ricains. Le « new » burlesque puise en effet ses références dans les spectacles olé olé de nos Folies Bergères et Moulin Rouge, mais tendance XIXe siècle, à savoir quand ces hauts-lieux n’étaient pas encore gangrénés de créatures aux petits seins et longues jambes… Outre-Atlantique, les années rock d’abord puis les performeuses des 90’s se sont emparées du style en lui insufflant un esprit rock, de l’humour et plus de rondeurs. Kitty, la directrice artistique visionnaire composera en 2003, au terme d’une convention à Los-Angeles, une troupe dont les talons hauts fouleront, sans rougir, notre tapis cannois sept ans plus tard.

Sous sa thématique « tabous, musique et interdits », le festival d’Ile de France réunit au Cirque d’Hiver nos belles américaines et les musiciens Poni HoaxArthur HThe Legendary Tiger man pour un plateau où les rejoindront l’égérie d’Almodovar Rossy de Palma et Arielle Dombasle. Exit les bandes sons pour les effeuillages des girls, les 26, 27 et 28 septembre elles danseront sur du 100% live. Rencontre à J-4 entre deux répét’, occasion parfaite pour Tess Magazine de partager la belle énergie de ce croisement de genres, de personnalités et de styles.

 

LegendaryTiger

© The Legendary Tiger Man

ÉQUATION MUSICALE

Au premier regard échangé entre Dirty Martini et le bluesman Paulo Furtado de The Legendary Tiger Man, la glace est rompue par un « oh, I loooove your music ». Un selfie scellera cette nouvelle amitié et le sensuel Love Ride habillera le show d’effeuillage du cygne l’après-midi même. Les girls ne s’enferment pas forcément dans un style musical attitré, même si Catherine D’Lish s’avoue plus à l’aise dans un univers classique. « En fait, ça dépend surtout de ce qu’on veut chacune exprimer dans nos chorégraphies, nos impressions du moment. Nous ne sommes pas tous les jours, tout le temps la même femme et c’est tant mieux. Il est important de rester ouvert aux autres, aux influences musicales », explique Julie Atlas Muz qui effectuera sa danse des voiles empruntée à Louie Fuller sur le tube Antibodies des Poni Hoax. Les filles (et Ricky) piochent aussi pas mal dans la techno, le rock garage. La troupe compte dans ses rangs une performeuse du groupe britannique proto-gothique Les Damned en Mimi Le Meaux (prononcer « miaou ») et une adepte du mouvement punk des 80’s. Aujourd’hui maîtresse de cérémonie underground du Cabaret, rangée (?) derrière le mignon nom de scène Kitten on the Keys, Suzanne Ramsey cotoyait en 1986 Courtney Love au sein du groupe Sugar Baby Doll.

TICKETS DE CINÉMA

Sensualité, blondeur, elles sont forcément nombreuses à revendiquer l’influence de Marylin Monroe, d’une piquante Mae West (ndlr. les aviateurs américains nommèrent durant la 2nde guerre leurs gilets de sauvetage « Mae West », en hommage à sa généreuse poitrine…) ou d’une Jayne Mansfield. Mais pour Catherine D’Lish, s’il n’y avait qu’un film pour l’inspirer, c’est « The Young Frankenstein (ndlr. réalisé par Mel Brooks en 1974), mon film préféré. Il est truffé d’humour tout en étant beau, touchant. C’est cette distance-là qui est indispensable au show, on ne se prend pas au sérieux tout en recherchant évidemment une certaine dose d’esthétisme ». Série B, série Z et monstres à la Tim Burton pour Mimi Le Meaux, mais aussi des films plus sombres des années 20, 30, 50 pour le côté rétro et femme fatale. Là encore, le New burlesque ne connait aucune limite autre que celles que se donnent les filles.

REVENDICATIONS… FÉMINISTES ?

Certes, s’il suffisait de se montrer presque nue pour faire preuve de féminisme, les plages seraient connues pour la richesse de leurs débats d’idées. Mais sur ce sujet là, les filles ne parlent pas d’une seule voix. Catherine D’Lish réfute l’idée en bloc : « je ne danse pas du tout dans le but de diffuser des idées féministes, c’est juste un show. Le public est libre d’interpréter, de ressentir et d’y lire ce qu’il veut ». En revanche Julie Atlas Muz assume son féminisme « à 100%. J’ai conscience de faire quelque chose de politique en dansant comme je l’entends, en faisant ce que je veux de mon corps même – et surtout – s’il n’est pas aussi parfait que dans les magazines ». Les codes classiques de la féminité sont encore exacerbés par les rondeurs et les frou-frous à sequins qui ne sont là que pour être retirés, ou encore détournés par l’arrivée de Rocky dans la troupe. Un stripteaseur au corps, quant à lui, plutôt très très normé… La encore, il fallait une bonne dose d’autodérision et d »audace pour intégrer un mec dans la troupe. Et ces filles-là, elles en ont.

 

baret new burlesqueCONCOURS

Gagnez 2×2 places pour le Cabaret New burlesque et ses invités au Festival d’Ile de France, dimanche à 17 heures au Cirque d’hiver !

Envoyez-nous en message privé : votre nom, prénom et email. Les gagnants seront tirés au sort et prévenus par mail. Vous avez jusqu’à vendredi, midi !

Cabaret New Burlesque: les 26, 27 septembre à 20h30 et le 28 septembre à 17h au Cirque d’Hiver.
En savoir plus sur le Festival d’Ile de France

 

 

 

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