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Les 10 réalisatrices qui ont fait 2012

Aux alentours du dernier festival de Cannes, quelques journalistes (hommes) avaient jugé bon de se s’interroger sur la capacité des femmes réalisatrices à devenir de “grands réalisateurs”. On a trouvé dix bonnes raisons de ne pas partager leurs inquiétudes.

/Par Pamela PIANEZZA & Iris BREY/

1. Alice Winocour pour Augustine

Pour son premier long métrage, la jeune réalisatrice s’empare d’un sujet méconnu : le travail du professeur Charcot sur les « hystériques » de la Salpêtrière, à travers la relation entre l’homme de science (Vincent Lindon,) et sa patiente préférée (Stéphanie Sokolinski). Augustine met en scène l’entrée d’une jeune femme dans la sexualité adulte et filme les répercussions directes du désir sexuel sur son corps. Ambigu et risqué : une vraie réussite.

 

2. Héléna Klotz pour L’âge atomique

C’est l’histoire d’une errance nocturne qui débute dans un train de banlieue et s’achève dans une forêt, quelque part entre chien et loup (deux séquences atmosphériques éblouissantes). Deux garçons à l’amitié joliment trouble partent à la pêche aux gonzesses dans les clubs de la capitale et s’y prennent incroyablement mal. A moins qu’ils ne fassent tout pour rentrer bredouille… C’est ce mélange d’ardeur et de fragilité qui rend le film si beau et plonge son spectateur dans un état second. Un ovni incandescent dans le paysage du teen movie français.

L'âge atomique : photo Dominik Wojcik

 

3. Mia Hansen Løve pour Un amour de jeunesse

On croyait le sujet épuisé – cet amour de jeunesse annoncé d’emblée – et voilà que Mia Hansen Løve se le réapproprie avec la grâce qui la caractérise depuis déjà deux films. Toujours juste, toujours fin, son portrait d’une jeune femme en construction émeut douloureusement. Surtout, on aime le regard aimant qu’elle porte sur ses acteurs. Magnifique.

Un amour de jeunesse : photo Mia Hansen-Løve

 

4. Noémie Llovsky, pour Camille redouble

Noémie Lvovsky aura mis cinq ans à nous livrer “son” Peggy Sue s’est mariée. Camille redouble, qui propulse une quadra dans son adolescence, méritait qu’on lui accorde toute notre patience : le film est un bijou d’émotion, totalement à part dans le paysage du cinéma français. Une approche subtile et mélancolique de la thématique de la seconde chance.

Camille Redouble : photo India Hair, Judith Chemla, Julia Faure, Noémie Lvovsky

 

5. Patricia Mazuy pour Sport de filles

Gracieuse, cavalière surdouée, claque la porte de l’élevage qui l’employait quand celui-ci décide de vendre son cheval préféré. La voilà qui recommence au bas de l’échelle dans un nouveau haras dirigé par une aristocrate à la poigne de fer… Une fable profonde cavalant hors des sentiers battus du cinéma d’auteur français et un magnifique portrait d’une femme déterminée.

Sport de filles : photo

 

6. Julie Delpy, pour Two days in New York

Marion la photographe exubérante et un peu immature (Julie Delpy) a posé ses bagages à New York, aux côtés de Mingus (Chris Rock), un journaliste de radio branché, et de deux gamins qu’ils n’ont pas eu ensemble. a situation est un peu complexe, parfois, elle devient explosive quand débarque la famille française et sans gêne de Marion… Une comédie survitaminée qui se moque des bonnes manières.

2 Days In New York : photo Chris Rock, Julie Delpy

 

7. Valérie Donzelli pour Main dans la main

Encore une histoire d’amour impossible, obsessionnelle et fantasque joliment bricolée, davantage dans l’esprit de sa Reine des pommes que dans celui du très (trop ?) impressionnant La guerre est déclarée. De la comédie sous amphétamines.

Main dans la main : photo Jérémie Elkaïm, Valérie Lemercier

8. Sandrine Bonnaire, pour J’enrage de son absence

Il y a dix ans, Mado (Alexandra Lamy) et Jacques (William Hurt) se sont séparés. Pas par manque d’amour mais par excès de douleur, suite à la perte d’un enfant. Jacques s’enfuit. Mado, elle, refait sa vie de mère dans les bras d’un autre homme. Lorsque Jacques réapparaît, il découvre Paul, ce « nouveau fils » de sept ans, qui aurait pu, aurait dû être le sien… Premier long métrage de fiction de l’actrice Sandrine Bonnaire (présenté à Cannes à la Semaine de la critique) J’enrage de son absence est un film poignant. La mise en scène, d’une sobriété extrême, mise sur la force tragique de deux excellents acteurs capables d’exprimer en silence l’indicible.  Si le scénario s’essouffle parfois sur la durée, le sort des personnages inquiète et bouleverse jusqu’à la toute dernière seconde.

J'enrage de son absence : photo Alexandra Lamy, William Hurt

9. Clara Bouffartigue, pour Tempête sous un crâne

Au collège Joséphine Baker de Saint-Ouen, deux jeunes enseignantes s’évertuent à transmettre quelques grammes de leur passion – pour la littérature et pour les arts plastiques – à des ados souvent désespérants. Ce qui émeut dans ce documentaire, c’est de voir renaître, alors que l’on n’y croyait plus, une lueur d’espoir dans le regard de ces adultes épuisés. Un bel hommage à l’un des plus beaux métiers du monde.

Tempête sous un crâne : photo Isabelle Soubaigné

 

10. Valérie Massadian, pour Nana

Dans une atmosphère aussi inquiétante que fascinante, Valérie Massadian filme les journées de Nana, une enfant de 4 ans abandonnée dans la forêt. On croirait voir une cousine de Ponette se balader entre le conte et le documentaire. Un voyage intérieur et visuel captivant.

 Nana : photo

 

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